Luceram

A 25 km au Nord de Nice, voici, dans la vallée du Paillon, Luceram, village agrippé à un éperon abrupt (670 m), défendu, à l’est, par ses remparts et sa Tour du XIIème siècle, du type « ouverte à la gorge », admirablement conservée (Il n’en existe que deux en Europe). La commune compte 1032 habitants avec Peira Cava, un hameau distant de 15 km.

Ce bourg, au passé médiéval (village classé) fut d’abord une capitale ligure (tribu des Lépontié, citée sur le Trophée romain de La Turbie), puis un poste militaire sur une voie romaine. Plus tard, il forma avec Peille et Utelle, une « confédération républicaine » qui obtint une charte communale en 1272.

On a plaisir aujourd’hui à pénétrer dans ce dédale de maisons construites les unes contre les autres que fendent des ruelles tortueuses et souvent voûtées. Mais il faut aller jusqu’à l’église paroissiale Ste Marguerite, l’une des plus intéressantes du Comté de Nice, par son Trésor et 5 Retables des primitifs niçois, les frères Bréa (15è et 16è siècle).

-  Le carnaval, en février/mars.

A Luceram, c’est « Lou Rey dal Panissié » (Le Roi des Panissiers) qui conduit le cortège du carnaval. Le mot « Panissier » qui est le sobriquet des gens de Luceram, désigne les mangeurs de « panisse », une bouillie traditionnellement faite de farine de pois chiches, plat du pauvre, particulièrement recommandé en période de carême.

Le Mardi Gras, dans une ambiance de liesse, du vin est recueilli dans un tonneau, sur la place publique. A chaque offrande enregistrée, on proclame le nom du donateur et la quantité offerte. La musique de fifre/tambour désignée sous le nom de « foularaia » joue alors en son honneur une mélodie typique appelée l’air de la « foularaia ». A chaque nouvelle donation, on annonce : la « foularaia » pour un tel ! L’air de la foularaia est ainsi en quelque sorte mis en adjudication ! A la fin de l’opération, vers 17 heures, on laisse la foularaia au plus généreux, qui a le droit d’emmener la musique à un endroit du village qu’il a librement choisi. Il est le chef de la foularaia !

Autrefois, le carnaval durait 7/8 jours. Actuellement, il a lieu le Dimanche et le Mardi Gras. Le mardi on mange la polenta qui est offerte et on distribue des « ganses », genre de beignets préparés le lundi !

-  Noêl des bergers

Des traditions pastorales, qui se manifestent à l’occasion de la Messe de Minuit, se sont maintenues particulièrement à Luceram.

La nuit de Noël, 7 minutes avant Minuit, un cortège part de la chapelle St Pierre, située dans le village. On peut apercevoir une femme portant dans un panier des fruits de Luceram (figues, pommes, noix, kakis, nèfles d’hiver, raisin noir dit « la framboise ») ; un groupe fifre/tambour ; des béliers enrubannés ; des bergers reconnaissables à leur houppelande, leur large chapeau, portant flambeaux ou lanternes à huile et surtout l’aîné, le « Pastre-Mage » tenant dans ses bras un agneau qui sera présenté à l’office de Minuit.

Ils cheminent lentement par les rues pavées et les rudes escaliers jusqu’à l’imposante église et sa belle terrasse au sommet de la butte. C’est Minuit ! Avec un bâton de berger, 3 coups sont frappés contre la porte fermée. On l’ouvre, et c’est l’entrée solennelle des hommes et des bêtes de ce cortège pittoresque, au son de « Il est né le divin enfant ». Au moment de l’ « offerte » , à la fin de l’office, le présent apporté sera un agneau. Béni et baptisé « calena » (Noël), il sera remis plus tard dans le troupeau comme gage de sauvegarde contre le mauvais sort.

Des bergers transhumants viennent toujours à Luceram, payant tant par tête d’animal, mais il n’y a plus guère de bergers sédentaires. Il existait la coutume autrefois de rendre visite à ces derniers -sept ou huit- à partir de 20 heures jusqu’à l’approche de la Messe de Minuit. On commençait par le plus âgé, Charles et Gaspard s’en souviennent. Après les bavardages d’usage, après avoir dégusté quelques morceaux de tarte et bu quelques bons verres de vin, tout ce monde se rassemblait, dans la Chapelle St Pierre et se dirigeait ensuite en cortège vers l’église paroissiale.

Actuellement la veillée de Noël débute à l’église à 20 H 30 ; elle s’enchaîne au cortège des bergers et à l’office de Minuit, avec le concours des fifres et des tambours.

L’air de la « foularaia » est caractéristique de Luceram.

Foularaia