Le fifre, bon pour la guerre ou la paix ?

Le voyage auquel nous invite le fifre a tantôt la rigidité militaire qui nous rappelle ses origines, tantôt l’allure bon enfant d’un carnaval… Bon pour la guerre ou la paix ? Cet instrument a su faire habilement sa reconversion.

StTropez01Bon pour la guerre ou la paix ? Cet instrument a su faire habilement sa reconversion. Son utilisation reste cependant liée au cadre d’un lieu les « espaces du fifre » – à des moments bien déterminés – les « temps du fifre » et à des itinéraires souvent parfaitement connus – les « parcours du fifre ». Nous allons retrouver ses coordonnées, lors de nos pérégrinations d’une région de la France à l’autre, en découvrant les hauts lieux du fifre et les circonstances où sa présence est notoire.

Une caractéristique encore de cet instrument : il semble fait pour la déambulation, le défilé. En Belgique, les fêtes où le fifre est à l’honneur s’appellent les « marches ». Pourquoi marcher ? Voici quelques raisons énumérées par les adeptes de ces défilés. « Marcher », c’est rendre les honneurs – vivre et faire revivre l’ancienne tradition – évoluer derrière les tambours et les fifres – faire parler la poudre – revêtir un costume d’un autre âge – vivre une fête d’un certain prestige.

A Bâle aussi, inlassablement, la population marche, StTropez03derrière les fifres, de ce pas lent et traînant, arpentant les ruelles les plus étroites. Le fait de les parcourir au Carnaval a même conduit à la naissance d’une appellation spécifique : le verbe « gâssle » de Gasse = rue.

On marche à Breil, à la Stacada, à St Tropez pour la Bravade, à Barjols pour la procession de St Marcel : la rue est bien l’endroit privilégié où la musique fifre/tambour peut se déployer.

Ailleurs, la déambulation peut se faire plus tumultueuse, comme au Carnaval de Dunkerque ou même se transformer en danse, comme aux farandoles du Carnaval à Belvédère.

En d’autres circonstances, la simple présence d’une musique fifre/tambour accompagne le déroulement d’un rituel ou d’une cérémonie : le Cepoun à Utelle, la Mort du Boeuf à Bazas.

Ainsi le fifre a su se faire une place comme instrument traditionnel, après avoir été longtemps celui des militaires. Curieusement, en France, on peut localiser son utilisation sur tout le pourtour du territoire , Comté de Nice, Provence, Languedoc, Aquitaine, Nord, Alsace. Faut-il y voir des terres parcourues par le flux et le reflux des armées ? En Alsace, nous sommes voisins de la Suisse, du Nord nous sommes proches de la Belgique et de la Grande Bretagne, encore des pays, où l’emploi du fifre s’est développé, comme il le fera aux Etats-Unis d’Amérique, sur le modèle européen…

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