Fifres à la Bravade de Fréjus

  CADRE GÉOGRAPHIQUE ET HISTORIQUE

Mentionnée par Ciceron dès 43 ans avant J. C . , Fréjus fut d’abord une ville romaine puis un chef- lieu de cité gallo-romaine. Les vestiges en sont encore visibles : des arènes, un théâtre, un aqueduc, des thermes. Au 5è siècle, la religion chrétienne implanta, en plein coeur de la ville antique, un baptistère et une première cathédrale. Avant 990, la ville fut détruite par les incursions sarrazines. Au 13ème siècle, la ville était réorganisée autour de la cathédrale rénovée, augmentée d’un cloître et flanquée d’un palais épiscopal.

Du port, on a embarqué pour la première Croisade, d’où la présence d’une croix dans le blason de la ville. Fréjus est actuellement une ville de 42 000 habitants qui s’est développée avec des activités touristiques, commerciales, portuaires.

frejusLA TRADITION DU FIFRE.

Pour la reprise de la bravade, en 1953, les musiciens venaient des Arcs et les premières années de St Tropez. Puis en 1959 est né un groupe folklorique, la Miougrano, joli nom signifiant « grenade », pris en souvenir d’un poème d’Aubanel et aussi en écho à la grenade (le fruit aux mille graines, symbole du Paradis perdu), que tient dans sa main la Vierge gravée au portail de la Cathédrale de Fréjus. On trouvait dans cet ensemble des musiciens qui avaient appris le Galoubet avec Marius FABRE. A l’exemple de ce dernier, qui avait participé aux Bravades vers 1958, ils avaient commencé àjouer du fifre et même à les fabriquer, (Paul LYAN, Alain LOVERA, Claude ORLANDINI) dans cette belle canne de Fréjus, ce roseau aux longs entre-noeuds. Ainsi, en ce qui concerne la Miougrano, le fifre est réservé aux défilés, le galoubet à la danse, soit 12 fifres et 8 tambours qui participent à la Bravade, en tenue de Grenadiers du Ier Empire.

LE FIFRE DANS LA FÊTE

Fifres et tambours animent la Bravade, qui est un hommage à la fois religieux et profane au Saint choisi comme protecteur de la ville.

brav201301A Fréjus, depuis 1629, est honoré St François de Paule – de Paola – , un ermite calabrais réputé pour sa sainteté. Il a sauvé la ville de la peste lors de son passage en 1482, alors qu’il se rendait à Tours sur la demande de Louis XI malade. Venu par la mer, son bateau était arrivé à Fréjus.

Selon Frédéric Mistral (Trésor dou Félibrige), la « Bravado » consiste en décharges de mousqueterie qu’on fait solennellement et processionnellement un jour de fête, en l’honneur de quelqu’un ». En la circonstance, le témoignage de piété à St François s’exprime à travers l’exubérance méridionale, qui traduit ainsi son « estrambord » (enthousiasme).

Au moment d’une nouvelle peste, une fête annuelle fut décidée par le Conseil de la Communauté – on en fit le voeu – le 20 octobre 1720. La première Bravade a eu lieu en 1733. La fête fut fixée le 3e dimanche de Pâques, en 1784. C’est cette année là que fut créé le corps de bravade pour solenniser la fête.

brav201302Même si la fête religieuse a toujours eu lieu, les manifestations extérieures de la Bravade furent interrompues pendant les guerres, la Révolution française, et naturellement en 1960, l’année qui suivit la rupture du barrage de Malpasset. En 1952, avec l’aide de musiciens venus des Arcs et d’une équipe de Fréjusiens attachés aux traditions, la célébration de la fête renaît dans sa forme traditionnelle.

Voici comment se présente actuellement le cortège : en tête, les sapeurs, puis sous les ordres d’un Commandant de Bravade revêtu d’un uniforme de Général du 2e Empire et de son Etat-Major, les Bravadeurs, armés de mousquetons à piston – ils sont répartis en 4 compagnies -, puis la Batterie-fanfare (fifres, clairons et tambours) dirigée par un tambour-major, le corps des enfants – pépinière de futurs bravadeurs – précédé du corps des « Chivau-fru » (chevaux légers) dont l’origine remonte au 15e siècle, sous le règne du Roi René, Comte de Provence).

Le déroulement de la fête est le suivant :

-  Samedi après-midi , rappel général et aubades aux autorités (batterie-fanfare).

Au crépuscule, rassemblement du Corps de Bravade sur le parvis de la chapelle St-Roch, à Fréjus-plage.

Prise en charge du bateau qui symbolise l’arrivée de St François par la mer Cortège vers la chapelle St François(prière au Saint)

Place Agricola : feu de joie

-  Dimanche

Le Corps de Bravade se rend à la chapelle St François Cortège de la Bravade de la Chapelle à la Cathédrale, en passant par la Porte de « Méou » que l’ermite franchit en entrant dans la Cité.

Sur le parvis de la Cathédrale reconstitution historique du dialogue (en provençal) entre St François, l’ermite et Mise Bertole, la vieille femme témoin de son miracle fréjusien en 1482.

Grand’messe à la Cathédrale dite « Messe Militaire » Danse de la souche par la « Miougrano » sur le parvis A 16 heures, Panégyrique et Procession votive au départ de la Cathédrale (arrêts et salves de mousqueterie). Sur le parvis de la Cathédrale, renouvellement du voeu de 1720 et Couronnement du buste – reliquaire du Saint Lundi : Messe d’action de grâces en langue provençale.

RÉPERTOIRE DU FIFRE

Il se compose d’airs du 1er Empire et d’airs provençaux.

Pendant la dernière guerre, un seul musicien « Miman » COULOMB de Fréjus jouait encore des airs de la Bravade.

C’étaient les airs composés par Gustave BRET, compositeur de la fin du 19ème siècle et organiste ; la musique était transcrite dans un carnet retrouvé à la Cathédrale de Fréjus et conservé dans les archives de l’Association des Amis de St François de Paule et des traditions fréjusiennes.

airdestfrancois