Le fifre à Barjols

barjols-15Caractéristique géographique et historique

A 21 Km de St Maximin, Barjols est un bourg de 2500 habitants agrippé au flanc d’une falaise calcaire. Le nom de Barjols apparaît pour la première fois dans les textes en 1021. La Provence s’est libérée peu à peu des Sarrasins. On assiste alors à une expansion démographique et au développement des échanges. Pour répondre aux besoins spirituels des groupes humains l’église crée ou restaure des Collégiales. C’est l’évêque d’Arles, Rimbaud, qui est à l’origine de la fondation du chapitre de Barjols. Vers 1060, il y fit construire une église en l’honneur de Notre-Dame. Dès le XIIIème siècle, la prospérité de la Collégiale apparaît dans les constructions (tympan ; cloître, maintenant détruit) et dans les biens possédés par le chapitre. L’église actuelle résulte d’un agrandissement et d’une réfection importante au XVIème siècle, ce qui témoigne de l’accroissement démographique de la population. A remarquer aussi à Barjols, ses places ombragées, ses belles fontaines, un château du XIIème siècle, des souvenirs romains.

Tradition du Fifre

Qu’en était-il du fifre à Barjols, en particulier à l’occasion de la Fête des Tripettes, à la St Marcel en Janvier ? En 1950, André FABRE, l’aîné des 5 fils Fabre, y avait joué du fifre, en compagnie des bachas restaurés par son père. Plus tard, deux autres fils de Marius Fabre, Max et Jean François le cadet apportèrent leur collaboration au fifre. Mais Max fut de plus en plus occupé comme Président des Amis de St Marcel. Il fut fait appel alors à l’extérieur ; un musicien nommé RIEU vint de St Maximin puis, plus tard, des fifres de St Tropez, d’autres de la région de Toulon, comme Serge ICARDI.

Le fifre dans la fête

Le fifre est à l’honneur à Barjols pour la Fête patronale de St Marcel, le 16 Janvier. C’est à cette même date en 1350 que les Barjolais ont transporté dans leur église le corps de St Marcel, ancien évêque de Die vénéré au monastère de St Maurice. Ils l’avaient fait sur le bon conseil des habitants de Tavernes qu’ils avaient consultés -depuis lors, on appelle ceux-ci les « Avocats »-, car la Collégiale d’Aups réclamait également l’honneur de conserver ces précieuses reliques. Notons que plus tard, au 16ème siècle, lors d’un siège, le corps fut brûlé ; seul un doigt du Saint fut sauvé. Mais revenons au 14ème siècle. D’après la légende, le groupe pieux, chargé des reliques, était arrivé à Barjols, en même temps qu’une jeunesse turbulente, accourait, en liesse, comme chaque année, à pareille date. Elle venait de dépecer un boeuf dont elle transportait les restes, se réjouissant de la fête qui se préparaît. C’était l’heure où les vénérables chanoines chantaient « Complies ». Malgré tout, le cortège entra dans l’église au milieu d’un enthousiasme sans bornes. Danses et réjouissances commencèrent dans l’église. C’est ce que rappelle tous les ans la « Danse des Tripettes » exécutée dans l’église à l’office des Complies, par toute la population, le samedi, puis le lendemain, à la fin de la Grand Messe et pendant la Procession de St Marcel. Cette musique traditionnelle est jouée par l’Harmonie Municipale. Les fifres jouent le samedi avant l’office des Complies (tour de ville), le dimanche, avant la Grand-Messe (aubades) et pendant la procession de St Marcel. Tous les 4 ans a lieu la bénédiction du boeuf, rôti à la broche sur la place publique.

Répertoire musical

A Barjols, on jouait au fifre des airs que les musiciens connaissaient, des airs qui se jouaient notamment à St Tropez, d’où venait souvent le renfort de quelques musiciens pour la St Marcel, ville aussi où Marius Fabre lui-même était venu apporter son concours comme fifre, depuis de nombreuses années. Mais Marius Fabre pensait de plus en plus que la St Marcel méritait d’être honorée par des airs spécifiques à Barjols. C’est sur sa demande qu’un corniste de la Musique des Equipages de la Flotte de Toulon, André GUIGOU, composa des airs destinés à être joués exclusivement à Barjols. Profondément Provençal, le compositeur « a imaginé une Provence des temps lointains, créant des phrases musicales qui reflètent, par leurs sonorités et leurs rythmes, cette époque révolue », ce sont ses propres termes. Ces compositions de 1983 dédiées à Monsieur Marius FABRE et à la Ville de Barjols, pour les Fêtes de la St Marcel, comprennent :
-  2 fanfares pour la Proclamation de St Marcel,
-  11 airs pour fifres et bachas : Aux champs, le Drapeau, La Charge, Défilé (4 airs), le Rappel, l’Assemblée, les Joies, les Aubades.

On a entendu la première fois ces airs, pour la St Marcel, en 1985 et de même en 1986, avec l’hymne à st Marcel et des airs pour trompettes en bois (facture Marius Fabre) du même compositeur.

C’est ainsi que depuis le milieu des années 80 le fifre traditionnel a pu s’affirmer d’une manière originale dans un espace qui lui est propre à Barjols.