Le fifre à Saint Tropez (Bravade)


01brsttropezCADRE GÉOGRAPHIQUE ET HISTORIQUE

St Tropez fut une ancienne colonie grecque fondée au 3e siècle avant J.C. Son nom – qu’elle a pris au 3e siècle – est dérivé de Torpes, officier de la cour de Néron, martyrisé à Pise en l’an 68 et dont le corps, décapité, exposé sur une barque, aborda miraculeusement le 17 mai dans la ville qui devait porter son nom.

Son passé fut très agité. Pendant des siècles, St Tropez, avec sa citadelle crénelée, ses tours massives et ses remparts fut une forteresse en butte aux attaques incessantes des envahisseurs et pirates de la côte, en particulier les Sarrasins au 9e siècle. Les Tropéziens vivaient en sorte les armes à la main. La ville a gardé la fière devise ancestrale : « Ad Usque Fidelis » – Fidèle jusqu’au bout !

TRADITION DU FIFRE

Pour aborder la question du fifre traditionnel à st Tropez, il est indispensable d’évoquer le rôle joué par Marius FABRE de Barjols. D’après son témoignage, Marius FABRE est revenu du régiment, à Barjols, la veille des Rameaux 1931.

La semaine suivante, il s’est mis à fabriquer son premier fifre et à en jouer. Le lundi de Pàques il est allé avec son frère Joseph, qui possédait déjà un fifre, à la traditionnelle nomination du capitaine de Ville à st Tropez, puis les 16, 17 et 18 mai à la célèbre Bravade de cette ville. Et c’est ainsi que cela s’est passé ensuite à St Tropez, les années suivantes avec des fifres venant de Barjols et des Arcs et de Signes à partir de 1963.

Depuis 1929, il n’y avait plus eu de Tropéziens jouant du fifre. Avant 1930, seul un musicien assurait encore la musique de fifre à la Bravade.

Marius Fabre a été convoqué à st Tropez pour initier des jeunes au fifre. Une « école du fifre » est née vers octobre 1969, en particulier avec le concours de Tony BAIN – également tambourinaire – de Jean-Louis AUGIER et plus tard de Georges GIRAUD.

Et le 16 septembre 1990, à l’occasion de la 9e Fête du fifre, organisée à st Tropez, on a pu célébrer les 60 ans de fifre de Marius FABRE, reconnu à juste titre comme l’un des artisans du renouveau du fifre à st Tropez. La Médaille de St Tropez et un fifre d’or lui furent remis. Jean-Louis AUGIER fut associé à cet hommage, en recevant un fifre d’argent très mérité pour 20 ans d’activité au service du fifre dans la région de St Tropez, comme musicien, facteur d’instruments et formateur de jeunes élèves.

05brsttropezLE FIFRE DANS LA FÊTE

A St Tropez, fifres et tambours accompagnent les cérémonies des bravades ; ils sont dirigés par un Tambour Major.

On peut parler de 4 siècles de continuité effective pour la Bravade de St-Tropez, les 16, 17 et 18 mai, ces cérémonies et ces cortèges organisés en l’honneur du Saint Patron de la Ville. Procession religieuse sans doute mais aussi mouvements solennels de la pique du Capitaine de Ville et virevoltes du Drapeau en guise de saluts au Saint et aux autorités, au bruit des tambours et au son des fifres, à travers les rues envahies d’une épaisse fumée, dans le tonnerre des fortes déflagrations que produisent de lourdes armes à feu aux canons courts et évasés, les fameux tromblons, braqués vers le sol lors de leurs décharges.

L’origine militaire de la Bravade date du 16e siècle. En 1558, le 24 juin fut nommé un Capitaine de Ville pour être le chef de la Milice locale. Le premier élu qui eut ce titre s’appelait Honorat COSTE. Plus tard lui furent adjoints un lieutenant et un porte-enseigne. C’est lui qui a présidé à la défense locale, quand 21 galères espagnoles ont attaqué la ville, le 15 juin 1637. Cet évènement est commémoré, tous les ans, le 15 juin, sous le nom de Bravade dite « des Espagnols ».

Le Capitaine de Ville est nommé officiellement le lundi de Pâques. Son emblème est une pique qui lui est remise solennellement chaque année le 16 mai, l’après-midi. Cette fonction n’a plus qu’un caractère honorifique de nos jours.

02brsttropezVOICI LE DÉROULEMENT TRADITIONNEL DE CETTE FÊTE.

Le 16 mai

8h – Aubades aux Autorités (Fifres et Tambours)

14h – Rappel (Fifres et Tambours)

15h – Réunion Place de l’Hôtel de Ville du Corps de bravade, une centaine d’hommes, en uniformes de soldats et de marins,répartis en plusieurs groupes.

Remise de la Pique au Capitaine de Ville et du Drapeau au Porte-enseigne.

Bénédiction des armes (Prise de la Pique et du Drapeau)

15 h 30 – « Petite Bravade »

Défilé vers l’église paroissiale.

Le buste du Saint, au casque de guerrier, est amené Place de la Mairie.

Premier feu général et saluts officiels au Saint patron de la Ville Défilé vers le port. Salut aux bâteaux

Départ pour la Place des Lices, puis Place de la Mairie et l’église paroissiale.

Le 17 mai 8 h – Rappel (Fifres et Tambours) 9 h – Messe de St Tropez dite des « Mousquetaires » Procession générale à travers la ville 15 h – Rappel (Fifres et Tambours) 16 h – Grande Bravade (Même parcours que la veille mais de plus longue durée) Vers 24 h, dernier salut au Saint, Place de la Mairie La Pique et le Drapeau sont rendus au Maire. (Reddition de la Pique) A l’église, le célébrant dit l’oraison du Saint Martyr.

Le 18 mai

7h45 – Rappel (Fifres et Tambours)

9 h – Messe d’action de grâces à la chapelle Ste Anne, bâtie au 17e siècle, à 1 km de la ville.

RÉPERTOIRE MUSICAL

Certains airs sont très symboliques : l’air de la Pique (Aux champs), pour les saluts que fait le Capitaine de Ville ; l’air du Drapeau, pour les saluts que fait l’Enseigne. Voici quelques autres titres d’une résonance toute militaire : le Rappel, le Défilé, le Pas redoublé, le Pas accéléré, la Charge, Lafayette.

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