Un livre et un disque sur Gabriel Soulages

couv_livre zoomLa Talvera de Cordes rend hommage à Gabriel Soulages, maire d’Albi (1877-1888) mais aussi collecteur de chansons populaires, avec un livre et un disque qui seront présentés à Cap’Découverte lors d’un colloque de joueurs de fifre et d’un spectacle.

«Je suis le pauvre conscrit, qu’on tire au sort pour l’envoyer à la mort…» La Chanson du conscrit, d’où est tiré cet émouvant couplet, n’avait pas été chantée depuis 120 ans peut-être. On ne peut penser à ces mots tirés du passé sans un frisson. Mi-française, mi-occitane, la version albigeoise de cette complainte est extraite de «Cançons del cap del pont» («chansons du bout du pont», autrement dit, la Madeleine). C’est à la fois un disque et un livre de la Talvera de Cordes-sur-Ciel, qui seront présentés samedi 14 décembre à Cap’Découverte. On le doit à Gabriel Soulages (1838-1903). Maire d’Albi de 1877 à 1888, cet avocat ne se contenta pas d’être celui sous le mandat duquel se tinrent tous les débats sur la création du théâtre municipal, même si les travaux ne débutèrent qu’après son retrait; une des réalisations qu’on lui doit, comme entre autres l’aménagement du parc Rochegude ou de la route de Carmaux, l’avenue Albert-Thomas, d’où part la rue Gabriel-Soulages à son nom.

Gabriel Soulages recueillit aussi les chansons fredonnées par les Albigeois de son temps, aussi bien les conscrits que sa propre famille, ou bien encore celles de Louis Scapat, chansonnier célèbre d’Albi. Un collectage commencé le 11 août 1885 auprès d’un voyageur, alors que Gabriel Soulages attendait le train à la gare de Marssac. Ayant à cœur que ne disparaissent pas «ces chansons dont le souvenir s’affaiblit de jour en jour», cet esprit curieux les avait consignées dans un manuscrit laissé à l’état de brouillon à sa mort prématurée en 1903. «Son fils, l’écrivain Gabriel Soulages qui portait le même nom, avait déposé le recueil à la bibliothèque Rochegude aujourd’hui médiathèque Pierre-Amalric, où il était resté endormi et où nous l’avons découvert par hasard», révèle l’ethnomusicologue Daniel Loddo à la Talvera. Le groupe musical «rend un double hommage à cet homme digne d’être connu», à la fois dans un livre de 240 pages et un disque avec 22 de ces chansons souvent en occitan. «On a utilisé la partition quand elle y était ou on en a créées», dit Daniel Loddo, dont la fille Aelis, 17 ans, chante aussi sur le CD.

«L’ingratitude.» Le mot était venu sous la plume d’un journaliste, lors des obsèques en 1903 de Gabriel Soulages, constatant qu’aucun représentant de l’État n’était présent. Mort à 65 ans d’une syncope, l’ancien maire d’Albi et conseiller général, était un républicain modéré jugé pas assez anticlérical, ce qui lui valut d’être mis sur la touche. Gabriel Soulages est tiré de l’oubli.

En 1882, c’est un felibrige (réunion de poètes occitans) à Albi avec le fameux Frédéric Mistral qui inspira Gabriel Soulages. Samedi 14 décembre à 21 heures, à la Maison de la musique de Cap’Découverte, il sera célébré à son tour en marge d’un colloque de pifraires (joueurs de fifre), avec concert du Duo Brotto Lopez, Fifres de Gascogne-Cie Vieussens et La Talvera.

Rens. 05 63 56 19 17 ou site Talvera. E-mail

talvera@talvera.org

Bon de commande du CD

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